L’abîme et la cime
Voyage dans les profondeurs des forêts scandinaves et les profondeurs de l'âme.
Noël 2016, nous sommes brutalement contraints de quitter notre chez-nous ainsi que tout ce qui était notre vie familière. En deux mois, nous bouclons notre dossier d'immigration pour l'ouest canadien (le wild wild west), mettons le domaine en vente, distribuons toutes nos possessions, plaçons temporairement nos chevaux et prenons la Route avec nos trois enfants et nos trois chiens-loups, sans expérience, sans carte établie et sans plan préconçu. Nous ne savons même pas où nous dormirons la première nuit, ça donne le ton de ce road trip improvisé, et c'est aussi une métaphore de notre processus intérieur : nous devons abandonner les certitudes et renoncer aux chemins tout tracés. J'avais toujours rêvé de voyager, l'Aventure est venue frapper à ma porte. Mais voilà, mon aventure à moi se révèlera différente de tout ce que j'avais lu et m'étais représenté : le voyageur fatigué sait qu'il y a un foyer qui l'attend à son retour, un lieu auquel il peut s'accrocher quand le doute balaie tout sur son passage, un endroit chaud et sûr et qui lui appartient. Pas nous. Nous n'avions plus rien. A moins que...
"Ô saisons, ô châteaux, quelle âme est sans défaut ?" Arthur Rimbaud
"Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile." Nietzsche
15 septembre 2017 - L'Appel du Nord se fait toujours plus puissant. Nous quittons non sans émotion notre cabane de rondins au milieu des bois, des loups et des élans et reprenons la route de l'Arctique. Le road-trip donne bien la mesure de l'immensité de la forêt finlandaise que rien ne vient interrompre. On roule des heures, des jours, au milieu des arbres ; la route serpente au milieu de bois sans limites, traversée de temps à autre par un troupeau de rennes. Nous montons vers les régions polaires, l'automne quant à lui descend : nous allons le croiser le temps d'un fugace et fulgurant flamboiement. Déjà les bouleaux sont d'or et, sous le ciel uniformément gris, ils semblent irradier leur propre lumière ; chacun est une torche de feu au milieu de l'obscurité des pins.
Ce soir, nous atteignons la Laponie et sa capitale : Rovaniemi, la ville du Père Noël, sur le Cercle Polaire Arctique. Nous faisons une halte, il est temps de goûter à la cuisine lapone : saumon, viande de renne, confiture d'airelles, petits légumes et champignons. Le pain est noir, le beurre salé et la bière brune.
16 septembre 2017 - Qu'il est difficile le chemin de ses rêves ! Pourquoi me faut-il choisir entre mon Rêve et ceux-là que j'aime, nos chevaux ? Las de trop d'incertitudes, nous avons décidé de nous mettre sans plus attendre en quête de familles d'adoption pour les trois chevaux qui ne pourront nous accompagner au Canada pour des raisons "sanitaires". 2017 ou la traversée du désert : nous avions tout et aujourd'hui que nous reste-t-il ? Seulement des rêves, de l'espoir et une foi vacillante. Est-ce suffisant pour jeter un pont par delà l'obscurité et le vide, par delà l'Océan Atlantique ? Nous suivons la route qui s'étend devant nous sans savoir où celle-ci nous mènera mais de toute façon, il n'y a plus rien, pas même un foyer, pour nous retenir en arrière. Une amie s'est présentée pour accueillir Antara ; un autre pour veiller sur Style. Deux appels authentiques, humbles et aimants. Je suis bouleversée. Mais Lily, comme toujours, réveille l'avidité des foules. Sa beauté est sa malédiction. Lorsqu'elle est arrivée chez nous, à cinq ans, elle avait déjà connu cinq propriétaires différents, avait traîné ses courbes parfaites de show en compétition, servi l'ego des uns et des autres et était profondément abîmée. Moi qui m'étais jurée de la protéger toujours, j'ai l'impression de l'avoir livrée en pâture aujourd'hui. La culpabilité est mon fardeau de tous les jours.
17 septembre 2017 - Le voyage est une suite de franchissements de lignes réelles ou plus souvent imaginaires : frontières, mers et chaînes de montagnes, soixantième parallèle, Cercle Polaire Arctique... Et aujourd'hui nous passons les portes du pays Sami ! Dans les bois sont nichés les petites maisons et les tipis du peuple des rennes. Leurs troupeaux sont partout désormais et l'été indien rayonne dans toute sa gloire. Nous bivouaquons sur les rives du lac Tekojärvi, le soleil brille et l'air est doux ! L'onde calme, en reflétant le couchant, en décuple toute la saisissante beauté. Le feu est dans le ciel, le ciel est dans l'eau, et comme si ce n'était pas assez, non comme si ce n'était pas assez de tant de beauté, l'obscurité nous révèle - comme pour nous consoler de nos peines - la première Aurore Boréale. D'abord un simple frétillement vert pâle sur l'horizon. Puis de grandes volutes pastel. Et tout-à-coup, la voilà qui se contorsionne en spirale et lance enfin de grands filaments à travers la nue étoilée et sans lune. Rien ne m'avait préparée à cela : les Aurores sont rapides, les Aurores sont vivantes ! Nous sommes extatiques. Je n'ai pas la présence d'esprit d'empoigner mon appareil photographique mais j'étreins Milan. Il me presse de toute le force de ses petits bras, le visage retourné vers le ciel.
18 septembre 2017 - Sur la Route, qui est devenue un peu notre maison, notre royaume familier et une représentation de la vie, je médite sur notre trajectoire. Un Rêve me possède. Est-ce raisonnable ? Bien sûr que non. Est-ce risqué ? Évidemment que oui. Mais c'est la seule manière. Alors on laisse la Vie couler le plus librement possible en nous. Je lui donne la main avec toute la confiance dont je suis capable pour ne pas succomber à la peur, au vertige et à la chute. Elle est le fil sûr qui guide nos pas au-dessus de l'abîme. A la fin du voyage, elle ne sera plus une simple corde d'équilibriste, elle sera devenue une arche à la fois large et solide, mais ça je ne le sais pas encore. J'en suis là de mes réflexions, quand nous arrivons à Inari, la ville Sami, puis prenons vers l'ouest et le parc national. Le ciel est à nouveau couvert, mais éthérée et fantomatique, nous distinguons à la nuit tombée l'Aurore Boréale qui se meut derrière les nuages.
19 septembre 2017 - Yoann a rencontré un chaman en rêve, celui-ci lui annonçait notre immigration au Canada pour l'été suivant. C'est suffisant pour nous redonner un peu de courage. Pour ma part, je souffre d'un violent mal de dos, sûrement le contrecoup de mon chagrin des derniers jours. Nous partons néanmoins randonner à travers la forêt magique. Le panneau de présentation, nous rappelle toutes nos libertés : ici les chiens sont les bienvenus, nous pouvons cueillir baies et champignons, faire un feu et même chercher de l'or (s'il en reste dans les cours d'eau suite à la ruée des années quarante-cinquante) ! La forêt est vieille, sauvage et ensorcelante. Depuis plusieurs siècles, les arbres poussent, croissent et meurent librement, retournant alors à la Terre qu'ils nourrissent de leur corps. Ils tendent vers nous leurs longs doigts étranges auxquels s'accrochent de longues chevelures de mousses et de lichens - un délice pour renne en vadrouille ! - et nous murmurent de venir nous perdre dans leurs profondeurs. Il faut un réel effort de volonté pour résister à cet étrange Appel. Ici les arbres sont plus vivants qu'ailleurs, leurs troncs prennent souvent une apparence remarquable qui ne peut laisser indifférent. Nous croisons de nombreuses traces d'élans ainsi que des campements samis et des lieux de bivouacs mis à la disposition des randonneurs. Le sentier emprunte les pistes d'animaux - ce que je trouve tout à la fois sage et charmant -, lesquels suivent eux-mêmes les lignes de crête. Rester autant que possible en hauteur permet de ne pas s'égarer, d'offrir une meilleure vue et de garder le promeneur (humain ou animal) au sec, les trous d'eaux au fond des bois représentant un risque mortel pour les rennes qui s'y retrouvent parfois piégés. Au premier abord, la forêt paraît habitée par le silence mais, si on s'arrête un moment, on entend bientôt des pépiements discrets et de petits coups de bec rythmés ; nous apercevons parfois un froissement d'aile incarnat et pelucheux. Les petits êtres sont nombreux mais de l'homme point de trace, hormis parfois un vieux traineau de bois abandonné. Enfin, nul besoin de s'alourdir de gourdes et autres réserves d'eau : nous avons avec nous des kuskas que nous suspendons à nos sacs-à-dos et autour du cou des garçons. Ce sont de jolies tasses de bois taillées par le peuple des rennes dans les protubérances des troncs de bouleau ; il suffit ensuite de se pencher à chaque ruisseau qui traverse notre chemin pour se désaltérer à l'eau fraîche, précieuse et sauvage.
vers le cap nord 418
vers le cap nord 383
vers le cap nord 391
vers le cap nord 393
vers le cap nord 397
vers le cap nord 400
vers le cap nord 402
vers le cap nord 404
vers le cap nord 415
vers le cap nord 417
vers le cap nord 380
vers le cap nord 420
vers le cap nord 422
vers le cap nord 424
vers le cap nord 429
vers le cap nord 430
vers le cap nord 431
vers le cap nord 432
vers le cap nord 437
vers le cap nord 438
vers le cap nord 349
vers le cap nord 319
vers le cap nord 323
vers le cap nord 325
vers le cap nord 326
vers le cap nord 327
vers le cap nord 329
vers le cap nord 330
vers le cap nord 332
vers le cap nord 334
vers le cap nord 318
vers le cap nord 348
vers le cap nord 351
vers le cap nord 356
vers le cap nord 357
vers le cap nord 361
vers le cap nord 364
vers le cap nord 366
vers le cap nord 375
vers le cap nord 378
20 septembre 2017 - Mon mal de dos me fait de plus en plus souffrir. Je me prends à songer que je ne suis pas suffisamment forte pour l'élevage, que de peines depuis que nous avons commencé ! Mais cesser d'élever pour me protéger, ce serait comme décider d'arrêter d'aimer pour ne pas risquer de souffrir. Or privés de l'amour, que nous reste-t-il ? Privée des chevaux, que me resterait-il ? Moins de chagrin assurément mais moins de tout également. Ainsi je finirai peut-être avec un cœur exsangue mais j'aurais aimé et j'aurais vécu.
Aujourd'hui, nouvelle visite vétérinaire pour nos trois chiens-loups et dernier vermifuge en vue de passer la frontière entre la Finlande et la Norvège. Dès la sortie du camping-car, les trois chiens reconnaissent l'odeur de la clinique ! Alanis et Diurach sont saisis de tremblements mais Atala, ravie de sa récente expérience en Estonie, entre très volontiers, salue la vétérinaire, et entreprend une petite visite du cabinet. Je rappelle mon effrontée et lui indique gentiment la balance, sur laquelle elle monte, s'assoit et attend fièrement ! Elle m'épate et quiconque connaît un peu les chiens-loups le comprendra aisément.
Ce soir, au camp, je me tiens sur la jetée, dans l'air glacé du crépuscule. Tandis que le lac clapote doucement à mes pieds, les larmes tant retenues se mettent enfin à couler une à une le long de mes joues. Et soudain, je pleure. Je pleure comme si mes larmes étaient intarissables ; je pleure mon espérance vaincue et la séparation programmée d'avec Antara, Lily et Style. Un peu plus et je maudirais cette sensibilité exacerbée qui me laisse le cœur dévasté ; j'ai l'impression que je ne parviendrai jamais à calmer mes sanglots. Mais je ne peux nier que c'est cette même sensibilité qui me permet de percevoir avec davantage d'acuité la grâce, la beauté, la magie et qui transforme tout autour de moi en pur miracle. Alors... Alors je ne peux que la chérir, même si un jour je dois avoir le cœur entièrement à vif. Peut-être qu'enfin tout ne me paraitra plus que lumière. Mais pour l'heure je suis épuisée : épuisée de douleur autant que de chagrin. Je pleure longtemps.
21 septembre 2017 - Premier jour de l'automne et tout s'éclaire. "Et puis des êtres qu'on aime très fort, on les laisse partir faire leur chemin justement parce qu'on les aime très fort et qu'on sait que c'est leur chemin de vie, les parents font ça..." Le jour se lève, il n'y a plus de larmes. Je suis guérie et ne doute pas que mon mal de dos va bientôt s'évanouir lui aussi. Je comprends que je me débats depuis toujours avec les mêmes fardeaux : la culpabilité, l'abandon, jusqu'au besoin de payer en souffrance ma capacité à survivre au départ de ceux qui me sont chers. Je prends conscience aussi de mes attachements et suis bien obligée de me rendre à l'évidence : ma foi dans la Vie est moins absolue que ce que je voulais bien croire. Je retrouve peu à peu le chemin de la gratitude : c'est que j'ai tant de raisons de dire merci !
Premier jour de l'automne et de nouveaux passages nous attendent aujourd'hui : la frontière norvégienne, le soixante-dixième parallèle nord et la ligne imaginaire dessinée par l'isotherme des 10° C en juillet qui encadre la définition la plus stricte de l'Arctique ! Selon l'étymologie, ce soir nous dormirons sur la Terre des Ours, à la cime du monde, ensemble. Ensemble, et c'est déjà beaucoup.
Oceane
mars 14
Quel article!!! J ai pas de mots j ai la gorge nouée parce que je sais et comprends ce que tu ressens.
Mais tu te livres et parfois c est tellement dur de le faire on a toujours peur du regard des autres les réactions que l on va provoquer! Mais la clairement c est une pépite je pleure avec toi! Je connais ces larmes qu il faut "vidanger" pour y voir clair derrière. ..
Aucun doute tu es sur ta voie initiatique!
Merci pour cet hommage à ce merveilleux pays! Tes photos sont de vrais tableaux...
Merci infiniment❤
titania
mars 20
Merci Océane ! Oui c'est un article qui peut surprendre mais c'est la voie que j'ai choisi : ne rien cacher, ne rien édulcorer, ne pas laisser croire que c'est toujours facile mais montrer que les épreuves sont des cadeaux et que les obstacles n'en sont pas. Dans les histoires que je lis, c'est souvent ce qui m'intéresse le plus, comment l'auteur a surmonté les difficultés ; ça me dit que c'est possible. Alors voilà, c'est le message que je veux faire passer à mon tour. Je ne crois pas qu'il y ait des sentiments "supérieurs" à d'autres, j'ai découvert que la tristesse et la mélancolie étaient aussi belle que la joie même si bien sûr j'aspire à être heureuse. Dire aussi que les émotions ne sont pas tabous. Qu'on peut pleurer et être forte à la fois...
Et tu as raison, notre tour d'Europe n'est pas une promenade club med, c'est un pèlerinage, une quête ou quelque chose comme ça, une errance qui nous transforme en profondeur.
Oceane
mars 20
❤❤
Ah oui ça aurait été dommage de ne pas voir ces photos!
C est un ginkgo le jaune tout seul!
Elle est surréaliste cette photo!😍
titania
mars 21
Oui elle est si belle cette vieille forêt ! Non c'est un bouleau, les princes de lumière de l'été indien 😍 On n'avait pas le soleil mais on avait les bouleaux d'or !
cecilefelix
mars 14
c'est si beau et si fort ma tita !!! tu écris de tout ton être c'est sublime !
titania
mars 20
Merci Cécile <3 Et étrangement les mots me viennent plus facilement dans ces moments-là...
Nathalie H.
mars 15
Oh Tita c'est magnifique <3 tes mots comme tes photos....je comprends tellement tes réflexions pour avoir eu les mêmes : est-il possible d'aimer sans en souffrir ? alors j'ai envie de te dire que oui, il y a une autre voie possible et je t'envoie les mots de Khalil Gibran pour qu'ils t'accompagnent dans ton voyage 😉 "« Entre les rivages des océans et le sommet de la plus haute montagne est tracée une route secrète que vous devez absolument parcourir avant de ne faire qu’un avec les fils de la Terre. »
Tendres pensées et bisous à toute la tribu
titania
mars 20
Merci Nathalie, tu m'envoies les mots dont j'avais besoin, je les garde précieusement. Je crois que c'est ce que j'ai vécu tout là-haut en Arctique, à la fois concrètement et métaphoriquement. Et c'est toujours bon de savoir qu'on n'est pas seule... Je t'embrasse fort
Angélique Biller
mars 16
Comme à chaque fois, je rejoins absolument les commentaires précédents...
Mes larmes ont aussi bien coulé tout au long de ton article! Des larmes d'émotion, de tristesse, de sensibilité, de reconnaissance envers la justesse de ce que tu exprimes en mots et en images... Je me répète, mais: MERCI!
Comme je comprends quand tu parles de la foi en la Vie qui vacille... et qui reprend, là où on ne l'attend pas! Malgré nous! Et cette sensibilité qu'on ressent parfois comme un fardeau (souvent) parfois comme un cadeau (souvent aussi!) et qui révèle le Monde et la Vie avec intensité.
Et j'ai fondu en larmes (mais des larmes joyeuses 😉 ) - mon "WOW" du jour - grâce à cette phrase (merci, merci, merciiii!!!): "Le feu est dans le ciel, le ciel est dans l'eau, et comme si ce n'était pas assez, non comme si ce n'était pas assez de tant de beauté, l'obscurité nous révèle - comme pour nous consoler de nos peines - la première Aurore Boréale. " (Bon elle me fait pleurer à nouveau, juste en la copiant! Un pur délice, merci!)
titania
mars 20
Et tu sais quoi, j'ai pleuré à nouveau en relisant la citation dans ton commentaire ! C'est malin, Yoann va vraiment croire que je suis folle maintenant ! Mais on se comprend tellement toutes les deux, on sait ce que c'est d'être submergée par la Beauté <3 Et ces noces de la foi et du doute, chacune est nécessaire à l'autre et c'est bien comme ça. Merci Angé <3
Auriane
mai 5
Comme tout cela me parle, comme tout cela me fait pleurer, comme tout cela me fait réfléchir et grandir. L'abandon, la culpabilité, la peur, tant de choses que je connais que bien trop.. J'ai du me séparer d'Arwen en ce début d'année, j'arrive donc à comprendre les émotions que vous avez pour Antara, Lily et Style.Les raisons sont différentes, mais la séparation est dur malgré que ce soit nécessaire.
Je me suis imaginée à vos côtés lors des premières Aurores boréales, et j'en ai la gorge serrée. Merci pour ce récit, pour ces photos magnifiques et pleines de vie. ♥
titania
mai 27
Alors tu peux certainement comprendre ce que j'ai ressenti à ce moment-là... En fin de compte, j'espère une fin différente, on a choisi de se battre pour emmener nos chevaux avec nous et de renouer avec l'espoir ! Merci pour tes mots, je suis à tes côtés également 😉